PC qui redémarre tout seul en jeu : les causes, dans l'ordre
Un PC qui redémarre seulement en jeu ne redémarre pas au hasard : le jeu est le seul moment où il consomme au maximum. Voici comment lire l'erreur, puis dérouler les causes de la plus fréquente à la plus rare.
Mis à jour le 24 août 2026
Rien ne prévient. L'écran s'éteint, les ventilateurs s'arrêtent une seconde, et le logo du fabricant réapparaît. Cela n'arrive qu'en jeu, jamais sur le bureau. Ce détail est en réalité une bonne nouvelle : le jeu est le seul moment où votre machine consomme au maximum et chauffe vraiment. Un redémarrage qui ne survient que là désigne une liste de causes très courte.
Étape 0 : voir l'erreur au lieu de la deviner
Par défaut, Windows redémarre automatiquement en cas d'erreur système : l'écran bleu passe si vite que vous ne le voyez pas, et vous perdez la seule information utile. Désactivez ce comportement une fois pour toutes : Paramètres système avancés, onglet Paramètres système avancés, section Démarrage et récupération, bouton Paramètres, et décochez « Redémarrer automatiquement ». À la prochaine occurrence, vous lirez le code d'arrêt, et tout le diagnostic change de nature.
Ensuite, ouvrez l'observateur d'événements (Windows + R, puis eventvwr), allez dans Journaux Windows puis Système, et regardez ce qui est enregistré à l'heure exacte du redémarrage.
- Un événement Kernel-Power, identifiant 41, seul et sans code d'arrêt : la machine s'est coupée net sans passer par Windows. C'est la signature d'un problème d'alimentation ou d'une instabilité matérielle, pas d'un bogue logiciel.
- Un événement BugCheck accompagné d'un code d'arrêt : il y a bien eu un écran bleu. Le code (par exemple VIDEO_TDR_FAILURE, MEMORY_MANAGEMENT, WHEA_UNCORRECTABLE_ERROR) oriente directement vers le pilote graphique, la mémoire ou le processeur.
- Rien du tout, à part le démarrage suivant : traitez-le comme un Kernel-Power 41, c'est la même famille.
1. L'alimentation, cause numéro un des coupures sous charge
C'est ce qu'il faut suspecter en premier quand la coupure est instantanée et sans écran bleu. Plusieurs situations reviennent sans cesse.
- Une alimentation dimensionnée trop juste pour la carte graphique, en particulier après un changement de carte sans changement d'alimentation.
- Des pics de consommation très brefs que le modèle ne supporte pas, alors que sa puissance nominale semble suffisante. Les cartes récentes sont réputées pour cela.
- Une alimentation ancienne, qui a perdu de sa capacité avec les années. Au-delà de sept ou huit ans, elle devient une suspecte légitime.
- Des câbles PCIe en guirlande : un seul câble portant deux connecteurs alimente une carte gourmande, alors qu'elle réclame deux câbles séparés partant du bloc.
- Un connecteur d'alimentation mal enfoncé, en particulier les connecteurs 12 broches récents, qui doivent être insérés jusqu'au clic.
- Une multiprise surchargée, une rallonge trop fine, ou une prise partagée avec un gros appareil qui démarre par intermittence.
Le test qui oriente sans rien acheter : réduisez la limite de puissance de la carte graphique à 70 ou 80 % avec l'utilitaire du fabricant. Si les redémarrages cessent, vous avez confirmé la piste électrique. Ce n'est pas une réparation, c'est un diagnostic, et il vous évite d'acheter au hasard.
2. Un profil mémoire ou un réglage BIOS instable
On l'oublie systématiquement : activer le profil XMP ou EXPO de sa mémoire, c'est activer un surcadençage. Il est validé par le fabricant de la mémoire, pas par le vôtre. Un profil parfaitement stable sur le bureau peut lâcher au bout de vingt minutes de jeu, quand le contrôleur mémoire du processeur chauffe. Le même raisonnement vaut pour un sous-voltage de processeur, très populaire sur les Ryzen, qui provoque exactement ce genre de coupure quand il est trop agressif.
Le test est gratuit et sans risque : désactivez le profil mémoire, annulez tout sous-voltage, et jouez deux heures. Si la machine tient, vous savez où chercher, et vous pourrez remonter les réglages progressivement plutôt que d'un bloc.
3. La chaleur, mais pas là où on l'imagine
Contrairement à une idée répandue, un processeur ou une carte graphique qui a trop chaud se bride, il ne coupe pas la machine. La surchauffe qui provoque réellement un arrêt est ailleurs : dans l'étage d'alimentation de la carte mère (les VRM, autour du socket), souvent mal ventilé dans un boîtier fermé, ou dans un refroidisseur qui s'est physiquement détaché. Vérifiez les températures pendant une partie et regardez si la coupure survient toujours après le même délai : un délai reproductible est la signature d'un phénomène thermique.
4. Les pilotes et la mémoire, quand il y a un code d'arrêt
- Un code qui nomme le pilote graphique (nvlddmkm, amdkmdag) ou VIDEO_TDR_FAILURE : réinstallation propre du pilote, et test de la version précédente si le problème est récent.
- MEMORY_MANAGEMENT, PAGE_FAULT_IN_NONPAGED_AREA, ou des codes qui changent à chaque fois : suspectez la mémoire. Lancez le diagnostic de mémoire Windows, et si vous voulez une réponse fiable, un test dédié sur plusieurs heures pendant la nuit.
- WHEA_UNCORRECTABLE_ERROR : c'est le processeur qui remonte une erreur matérielle. Profil mémoire, sous-voltage et alimentation sont les trois premières pistes.
5. Le secteur et l'environnement
On y pense en dernier et c'est parfois la réponse. Une prise partagée avec un appareil à forte demande, une multiprise fatiguée, une installation électrique ancienne, ou de simples micro-coupures suffisent à faire redémarrer un PC pile au moment où il consomme le plus. Brancher la machine sur une autre prise, sur un autre circuit, ou sur un onduleur pendant quelques soirées tranche la question sans dépenser un euro de façon définitive.
L'ordre qui fait gagner le plus de temps : lire l'événement, retirer les surcadençages (profil mémoire, sous-voltage), brider la puissance de la carte graphique, changer de prise, puis seulement suspecter l'alimentation.
Quand arrêter les tests
Il y a des cas où continuer à tester est une mauvaise idée. Si la machine redémarre aussi au repos ou hors jeu, si vous sentez une odeur de plastique chaud, si un connecteur a noirci ou fondu, ou si l'alimentation fait un bruit inhabituel, arrêtez et faites vérifier l'alimentation et son câblage. Un bloc qui décroche peut emmener d'autres composants avec lui, et aucun réglage logiciel ne corrigera cela.
Ce que CoreLabs peut faire, et ce qu'il ne peut pas
Soyons clairs : aucun logiciel ne teste une alimentation à votre place, et la lecture du journal d'événements décrite plus haut reste à faire par vous. En revanche, CoreLabs connaît votre configuration exacte, affiche vos températures pendant la partie pour repérer un délai reproductible, et vous permet de décrire le problème avec vos mots pour être guidé sur votre machine plutôt que sur un cas moyen. C'est utile pour éliminer les pistes logicielles avant de démonter quoi que ce soit.
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